Agriculture

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 Agriculture

Remise en état des terres agricoles et maintien des richesses paysagères et naturelles

Etat actuel

La plupart des clairières sont aujourd’hui en voie de reboisement (cf. pièce n° 3). Tandis que les extraits cadastraux indiquent des prés et des champs sur une surface d’environ 25 ha, les surfaces encore ouvertes n’étaient déjà plus que de 16 ha en 1960 et 2.0 ha aujourd’hui !

Des noisetiers, des bouleaux, des frênes, des épicéas, etc. colonisent petit à petit toutes les surfaces ouvertes.

Les surfaces pâturées sont toutefois encore clairement visibles dans le sous-bois des surfaces en voie de reboisement (cf. photo ci-contre).

De plus, on peut observer des vestiges de l’exploitation du domaine avec des vergers hautes tiges, comme par exemple ceux des cerisiers aux Voualans.

Une remise en état de ces terres agricoles est raisonnablement encore possible. Celles qui sont encore ouvertes sont de petites tailles et dispersées (cf. pièce n° 4). Elles sont pour l’instant insuffisantes pour une exploitation rationnelle du site. Il n’y a, de plus, pas de sources, ni de bisses encore en eau susceptibles d’alimenter le bétail ou d’irriguer les terres de la région.

L’eau potable la plus proche se situe aux Voualans Dessus qui sont alimentés par le réservoir des Ziettes.

Un chemin carrossable d’une largeur de 2.5 mètres permet de rejoindre la zone des mayens des Voualans. Il est toutefois trop raide sur sa deuxième moitié. La pente de certains tronçons avoisine ainsi les 20%. Il est facilement accessible pour les petits véhicules tout terrain par temps sec. Il est par contre difficilement praticable quand le terrain est gorgé d’eau.

Enfin, la valeur paysagère actuelle du site peut être globalement qualifiée de banal, car les surfaces ouvertes sont en voie de reboisement et la plupart des bâtisses à l’abandon. Sans intervention sylvicole et agricole, les pâturages seront totalement et irrémédiablement couverts de forêt d’ici une vingtaine d’années. De même, sans travaux de rénovation, une grande partie des bâtisses va disparaître définitivement.

Exploitation, capacité et potentiel agricoles du Vallon de Crouja

La localisation et l’orientation des clairières ne permettent pas n’importe quelle pratique agricole. La situation encaissée et au revers élimine l’utilisation des terrains pour une production céréalière. Par contre, elle se prête bien pour la fauche, la pâture ou l’arboriculture, comme le prouvent les quelques arbres fruitiers restants.

Globalement, une grande partie des surfaces agricoles présente une pente inférieure à 20%. Elles sont donc susceptibles d’être pâturées et/ou fauchées. Dans ce dernier cas, des investissements complémentaires devront être réalisés pour garantir un entretien mécanique des surfaces et pour l’aspersion. Ceux-ci n’ont pas été intégrés au présent rapport.

En tous les cas, les surfaces agricoles actuelles et à réhabiliter (< 16 ha) sont plutôt vouées à une exploitation extensive par de la pâture pour les raisons suivantes :
• Les surfaces agricoles sont très disséminées dans le Vallon de Crouja.
• Les ruraux les plus proches se trouvent à Vercorin soit à plus de 4 km.
• Des investissements importants devront être consentis pour l’aménagement des surfaces de fauche qui sont couvertes de souche et pour la mise en place d’un réseau d’aspersion.
• Il est à prévoir des pertes de fourrages importantes au printemps par le gibier.

S’agissant de terrains privés qui ne sont plus exploités durablement depuis plus de 50 ans, les documents historiques sont lacunaires. Ainsi, il n’existe aucune donnée sur la charge en bétail de l’époque. De plus, le site n’a fait l’objet d’aucun relevé sur l’aptitude agricole des terres (ex: carte Econat).

Toutefois, sur la base d’exploitation d’estivage similaire dans la région, la capacité et le potentiel agricoles du Vallon de Crouja peuvent être raisonnablement estimés comme suit :

Le site est donc susceptible d’accueillir une charge en pâture d’au moins 10 à 15 UGB pendant 100 jours ou 10 – 15 pâquiers normaux (PN). Ceux-ci sont insuffisants pour garantir un revenu acceptable pour l’exploitant agricole en comparaison avec les alpages de la région qui disposent de 60 à 120 PN. De même, il ne serait pas rationnel actuellement de construire une étable avec si peu de surfaces respectivement de bétail. D’autres revenus accessoires sont donc nécessaires pour la bonne marche de l’exploitation d’estivage.

Enfin, s’agissant de l’entretien de surfaces en voie de reboisement, l’utilisation d’ânes, de chèvres ou de mulets serait idéale.

¹1 ha de pâturages = ½ ha de friches pâturées

Description du projet

Remise en état des surfaces agricoles

Le projet prévoit la réouverture d’au moins 14 ha de surfaces agricoles en voie de reboisement (cf. pièce n° 4). Les travaux consisteront en la coupe des arbres puis en leurs mises en tas. S’agissant globalement de friches, il n’est pas judicieux de débarder les bois. Ceux-ci pourront être par ailleurs utilisés comme bois de chauffage dans l’espace agritouristique le cas échéant. Le volume sur pied moyen des surfaces en friche est estimé à 150 m3/ha.

Les tas de branches formeront des niches écologiques intéressantes, tout particulièrement pour l’entomofaune. De même, des îlots de bois morts sur pied pourront être aménagés.

De nouvelles surfaces de gagnage seront ainsi créees pour la grande faune de la région améliorant ainsi la répartition du gibier dans toute la région et limitant les dégâts sur le rajeunissement des forêts protectrices prioritaires sises en amont du Vallon de Crouja.

Mise en valeur des anciens vergers à haute tige

On trouve dans le Vallon de Crouja une centaine d’anciens arbres fruitiers. Les vergers se composent principalement de cerisiers accompagnés de quelques pommiers. Plusieurs noyers sont également présents à Crouja.

Un inventaire de ces arbres fruitiers est en cours de réalisation. Le projet prévoit le dégagement de ces anciens vergers ainsi que la plantation d’anciennes variétés à partir d’arbres mères in situ.

Accès

L’accès aux Voualans doit être amélioré pour les besoins des chantiers, pour l’exploitation forestière du Vallon, pour l’exploitation agricole et touristique du site et enfin pour des raisons sécuritaires (accidents, incendie, etc.). Il sera difficile de trouver du personnel et un exploitant sans cette infrastructure de base qui aura aussi une vocation forestière. La pose d’une barrière permettra de limiter le trafic au strict minimum.

Ce chemin devra permettre une utilisation forestière plus intensive des lieux à l’instar de l’exploitation de la première moitié du siècle passé. Dans ce sens, il est judicieux de déjà prévoir une largeur carrossable de 3.0 mètres.¹ La superstructure de la route se limitera toutefois à un revêtement graveleux. Le chemin aura un aspect ‘naturel’ conformément à l’exemple figurant sur la photo ci-contre (Route du Barmé, commune d’Anniviers).

Les accès projetés pour le bétail longent des chemins pédestres existants. Ceux-ci devront être élargis à environ 1.0 mètre pour faciliter le déplacement du bétail et le transport du matériel (fils, piquets, pierres à sel, etc.) mais surtout pour le confort et la sécurité des randonneurs. Ils sont intégrés au chapitre 8 « Mobilité douce ».

¹Ce gabarit n’engendrera pas de surcoûts par rapport à une largeur de 2.5 mètres puisque ces travaux nécessitent une pelle sur chenille dont la largeur est déjà de 3 mètres.

Alimentation en eau

Une conduite d’amenée d’eau principale et un réservoir doivent être aménagés depuis le trop-plein de l’ancien réservoir de Vercorin jusqu’aux Voualans par le sentier pédestre homologué Vercorin – Voualans. Cette conduite sera utile pour abreuver le bétail et alimenter les bâtisses des Voualans.

Des tuyaux seront ensuite tirés depuis cette conduite principale sur le sol pour alimenter pas moins de 12 abreuvoirs.

Devis

Le devis détaillé du projet figure en annexe du présent rapport. Le montant des travaux TTC prévus dans ce volet est le suivant :

Le montant total des travaux pour le volet n° 1 s’élève donc approximativement à Frs 950’000.-.

Richesses paysagères et naturelles

Le Vallon de Crouja (cf. image Google Earth ci-dessous) se caractérise par un paysage sauvage fortement boisé et entrecoupé de parois de rochers imposantes sur le versant Nord du Vallon et dans les gorges de la Navisence et discrètes çà et là dans le reste du site. On y distingue de petits îlots composés de terrains ouverts et de mayens camouflés par les grands arbres qui les entourent ou la friche qui s’y développe. Ces zones mayens sont une constituante très importante du paysage de la région puisqu’elles sont les seules, sur près de 6 km, entre les villages de Chippis et de Pinsec, à l’étage haut-montagnard inférieur, en rive gauche du Val d’Anniviers. Elles sont en train de disparaître au profit de la forêt engendrant une forte banalisation du paysage de Crouja et de ses environs.

D’autre part, des vergers à hautes tiges de cerisiers sont encore clairement présents ça et là dans le Vallon de Crouja. Ils structurent agréablement le paysage, témoignent des us et coutumes d’autrefois et constituent une richesse génétique et patrimoniale exceptionnelle.

Les éléments anthropiques les plus visibles actuellement sont les routes cantonales et la ligne électrique qui traversent les Voualans Dessous.

Globalement, le Vallon de Crouja présente une grande diversité de milieux de par son exposition, son relief, ses variations du gradient hydrique et sa géologie. Il renferme ainsi un cortège floristique et une faune variés très intéressants. On y trouve ainsi par exemple, sur les crêtes séchardes, des pinèdes thermophiles ou encore, sur les affleurements rocheux de Crouja exposés au Sud, des prairies sèches toutes protégées par l’Ordonnance sur la protection de la nature. Le sabot de Vénus, espèce classée comme vulnérable sur la liste rouge des plantes menacées de Suisse, est également inventorié dans le Vallon. Le maintien des richesses naturelles et paysagères est directement lié à une exploitation harmonieuse des ressources.

Le site constitue par ailleurs une zone de prédilection pour le chamois de forêt et les cervidés.

Des relevés complémentaires devront être réalisés le cas échéant sur les surfaces en friche pour préciser la valeur écologique des milieux et l’impact des travaux sylvicoles prévus. En tous les cas, la biodiversité du site diminue dangereusement avec l’avancée de la forêt.

Impacts du projet

D’un point de vue agricole et environnemental, ce volet du projet permettra:

• de recréer des surfaces agricoles dans les zones des mayens du Vallon de Crouja conformément à la situation d’autrefois ;

• de mettre en valeur des milieux naturels remarquables à l’échelle régionale;
d’augmenter la biodiversité du site avec de nouvelles surfaces ouvertes qui profiteront à la faune et à la flore de la région ;

• de diminuer les dégâts du gibier dans les forêts protectrices de Pinsec – Vercorin – Briey par la création de nouvelles surfaces de gagnage plus bas dans le versant du Val d’Anniviers ;

• de structurer agréablement le paysage du Vallon de Crouja avec une alternance encore plus marquée des zones des mayens au milieu des boisements ;
de créer une nouvelle exploitation d’estivage au Vallon de Crouja qui garantira l’entretien

• des surfaces réhabilitées sur le long terme avec des infrastructures minimales adaptées;

• de maintenir, débroussailler et recréer les anciens vergers à haute tige.