La forêt

La forêt

Essences

Les peuplements du domaine sont très diversifiés au niveau des essences qui les composent. Ceci provient de la diversité du relief et des stations. On observe un gradient hydrologique bien marqué dans la composition des peuplements, depuis les pinèdes presque pures présentes sur les crêtes séchardes, aux pessières dans le fond des combes fraîches. Le mélèze est présent en quantité variable dans les peuplements, mais on le rencontre surtout dans la zone de transition entre la pinède et la pessière. Une petite proportion de feuillus est disséminée dans les peuplements, essentiellement des espèces pionnières comme le tremble ou le bouleau. On rencontre également ces deux essences en peuplement dans les anciennes surfaces agricoles recolonisées par la forêt (friches).

Le mélange des essences estimé par rapport au nombre de tiges de l’étage dominant est le suivant :

Fonctions des peuplements

La fonction principale des peuplements est la protection contre les dangers naturels. Toutes les forêts de l’association sont en effet classées en forêt protectrice selon la version 2011 de la carte des forêts protectrices. La fonction de production de bois est secondaire en raison de conditions d’exploitation plutôt défavorables. La fonction de récréation est présente ponctuellement, le long des sentiers pédestres et dans les environs de la clairière des Voualans.

La fonction Nature et paysage des forêts peut être qualifiée de moyenne, sauf aux limites entre la forêt et les zones agricoles, où elle est élevée. A relever une forte présence du gibier qui souligne l’importance de la fonction de refuge pour la faune des peuplements.

Besoin d’intervention

Les forêts présentent relativement peu de vieux peuplements, la majorité se situant dans la classe moyenne, c’est-à-dire dans les environs de 30-40 cm de diamètre dominant. Le volume moyen sur pied estimé à 400 m3/ha n’est pas démesuré mais l’on observe par contre un déficit important de surfaces de rajeunissement, lesquelles sont quasiment absentes du périmètre. L’accroissement peut être estimé à 7 m3 par ha et par an, soit environ 700 m3 par an pour toute la propriété.

Afin d’assurer la durabilité de la fonction de protection contre les dangers naturels des peuplements, il est nécessaire de commencer à rajeunir les peuplements sans tarder. Pour une première phase d’intervention de 10 ans, on peut compter l’exploitation de 100 m3 par ha, ce qui représente, pour une surface exploitable de 65 ha, un volume d’environ 6’500 m3 de bois en 10 ans ou 650 m3 par an.

Les interventions viseront à maintenir la fonction de protection mais elles apportent également des plus-values au niveau des autres fonctions : production d’une ressource naturelle et neutre au niveau du CO2, apport de lumière au sol favorable à la biodiversité et pour le gibier, rétablissement de surfaces agricoles exploitées extensivement etc.

Méthode de débardage

En raison de la pente, et vu la taille de la propriété, la seule méthode raisonnable pour le débardage des bois est le câble-grue. Le débardage au tracteur n’est pas possible en raison de la pente trop élevée et de l’absence de desserte fine. Le débardage à l’hélicoptère est d’autre part utilisé uniquement pour des interventions ponctuelles ou minimales en raison de ses coûts très élevés.

Vu le besoin d’intervention estimé à 650 m3 par an, le débardage et l’évacuation des bois ne peut pas être envisagé sans une infrastructure minimale comprenant :

  • –  une desserte principale à camion traversant la propriété. La largeur carrossable pour les camions doit s’élever à 3,0 m + 0,5 m de banquette.
  • –  un réseau de places à bois permettant de mettre en place les installations de câblage, de stocker les assortiments et, le cas échéant, de mécaniser le traitement des bois au processeur .
 Il n’existe actuellement aucune desserte à camion dans le périmètre. La variante du débardage des bois depuis la route cantonale doit d’autre part être abandonnée vu les difficultés de mise en œuvre que cela implique (fermeture de route, signalisation, dégâts à la chaussée etc.).

Amélioration de desserte et concept de débardage

Sans amélioration de desserte, seule la première partie du vallon de Crouja serait exploitable, en débardant le bois au câble-grue depuis la décharge de Crouja, soit une surface d’environ 16 ha.

La carte au format A3 annexée présente une variante d’amélioration de la desserte qui consisterait à élargir et améliorer le chemin forestier existant (longueur 1’600 m). Ce dernier débute à la décharge de Crouja et descend à flanc de coteau jusqu’à la cote 1’220. Il serait possible de le prolonger d’environ 200 m. Cette transformation en route à camion associée à la création de places à bois aux endroits opportuns permettrait de desservir environ 50 ha du domaine au câble-grue mobile.

Le coût de l’amélioration de la piste existante en route à camions et la création de places à bois peut être estimé grossièrement entre Fr. 200.- et Fr. 400.- par mètre linéaire, soit environ Fr. 350’000.- à Fr. 700’000.-

Rentabilité de l’exploitation des bois

Les conditions d’exploitation des forêts du domaine peuvent être qualifiées de moyennes. On peut en effet envisager plusieurs aspects qui limiteront la rentabilité des exploitations futures :

  • –  La pente du terrain et la présence de zones accidentées : rochers, chables etc.
  • –  Le caractère séchard d’une partie des forêts avec des hauteurs d’arbres limitées
  • –  Une proportion variable de pin sylvestre et de feuillus qui fait baisser le prix de vente moyendes bois
  • –  Un grand nombre d’arbres marqués par les chutes de pierre, laissant présager une forteproportion de pourriture rouge, en particulier dans le versant à l’aval de la route cantonale
  • –  Une faible proportion de gros bois, avec un diamètre dominant des peuplementsgénéralement inférieur au diamètre cible d’exploitation.

    Au niveau des coûts d’exploitation au câble-grue mobile, il faut s’attendre à un coût compris entre Fr. 100.- et 120.- par m3

    Vu le mélange des essences et la qualité prévisible des billes, il ne faut guère s’attendre à obtenir des exploitations bénéficiaires en l’état actuel du marché. Seule l’exploitation de la combe située à l’aval de la décharge pourrait présenter un léger bénéfice en raison de la belle qualité